Collecte de point de vue
Lors de la balade dessinée sur la route des Goudes, nous nous sommes attachés au passé industriel de Marseille, entre vestiges d’usine, fort militaire, crassier et zone en dépollution, dans un horizon de dégradé de bleu. Dessin sur le vif au stylo noir et aquarelle.
Point de vue n°1
Au premier plan, le chantier de dépollution du littoral : tas de gravier, enrochement et une fine grue où se dessine le paysage de la friche de l’Escalette.
Point de vue n°2
Dessin des bâtis en ruine où les appareillages de pierres, les voûtes de brique nous plongent dans une époque antique. Le palmier en écho à une villa romaine.
Point de vue n°3
Ah le crassier. Au fond du vallon, cerné de pins chapeautés d’un vert pomme, s’écoule une mer de scories, témoin du passé industriel. Son drame se révèle dans la beauté de ses couleurs, terre de sienne, ocre rouge et violet.
Point de vue n°4
Le paysage suit la ligne de la colline. Le bâti posé sur une restanque se poursuit par des ruines de murs et s’envole par la cheminée rampante jusqu’au ciel, porté par le vert acide des pins.
La marche urbaine
Calanque de l’Escalette sur la route des Goudes, Marseille.
La friche de l’Escalette est une ancienne usine de traitement du plomb de 1851 à 1925, où suite à une baisse de production, sa fermeture est actée. Éloignée du centre-ville pour protéger la population de ses rejets nocifs et pour avoir un accès à la mer, elle transforme la galène (sulfure de plomb) pour en extraire du plomb. La pollution est importante et jusqu’à 6% du plomb est répandu dans l’atmosphère. Un crassier de 20 000 m3, dépôt de scories de plomb, occupe le vallon.
Depuis 2011, une galerie d’art à pris place dans la friche et propose en autres de voir le Pavillon tropical de Jean Prouvé et des sculptures métalliques de l‘artiste Gérard Traquandi.
La pollution du littoral sud
De Samena à Callelongues, le littoral abritait plus de 20 usines qui produisaient du plomb, de la soude, du tartre. Aujourd’hui, des résidus riches en métaux lourds, plomb, arsenic, antimoine (métal utilisé pour durcir le plomb), forment de vastes terrils de scories le long de la côte et des sentiers. Cette pollution est constante puisque les métaux lourds ne disparaissent pas des sols.
Depuis 2000, des hauts taux de contamination sont révélés et commence en 2025 une opération de dépollution des sols. Soit par évacuation complète soit, pour éviter une dispersion et donc une pollution plus importantes, un confinement pérenne associé à la phytoréhabilitation. Les plantes natives comme l’astragale confinent, fixent les polluants par leur racine.
Article et vidéo sur le passé industriel des calanques et la dépollution >>
Carte mentale des paysages traversés
